Friday, August 4, 2017

Les réfugiés du TPS: présence solidaire du Canada


Les réfugiés du TPS, en majorité des Haïtiens, qui ont investi la frontière américano-canadienne, en quête d’asile dans le pays voisin, sont favorablement recus à Montréal , dans plusieurs sites d’hébergement. Le maire de cette ville francophone du Québec, M. Denis Coderre, n’a pas mâché ses mots sur les réseaux sociaux pour dénoncer les «menaces à peine voilées du locataire de la Maison Blanche», à l’encontre de ces nombreux réfugiés, arrivés par centaines sur l’ile de Montréal.

Famille en visite aux réfugiés
Plusieurs sites d’hébergement gérés par le Centre des réfugiés PRAIDA-YMCA, étant pleins à craquer, rapporte le porte-parole de la Régie des installations olympiques, M. Cédric Essiminy (photo ci-dessus), l’administration du Stade a ouvert ses portes à un premier groupe de 150 réfugiés, en attendant d’atteindre le nombre de 400, en rapport avec la capacité de l’espace prévu à cet effet. Toute la coordination de cette opération est assurée par la Croix Rouge Canadienne et le Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux du Centre-Sud de l’Ile de Montréal. Selon le président national du Syndicat des douanes et de l’immigration canadienne, M. Jean-Pierre Fortin, pour la seule journée du mardi 1er août 2017, environ 500 réfugiés ont été répertoriés et accueillis à la frontière de Lacolle. Dans une déclaration faite au journal Métro de Montréal, il dit ne pas être surpris que le Stade olympique soit converti en centre de réfugiés.

Contrairement à d’autres pays, le Canada traite honorablement les réfugiés qui frappent à sa porte, car s’adressant à Harold Isaac de Radio-Télé Quisqueya et moi du Quotidien Le National , le porte-parole de la Régie des installations olympiques, M. Cédric Essiminy, nous a fait savoir qu’ils sont « bien logés et nourris, et ils pourront trouver un logement plus durable et voir leur situation se régulariser avec l’aide des services sociaux». Fait remarquable, c’est qu’ils ne sont pas exposés à la curiosité publique; il faut coûte que coûte passer par le service de communication pour s’enquérir de tout type d’information les concernant. Ils ne seront pas vus en masse par la presse à sensation. En attendant d’obtenir de plus amples informations auprès des personnalités, telles que Mme Emmanuelle Pacciullo, une des responsables du programme d’hébergement, ainsi que la ministre de l’Immigration, Mme Kathleen Weil, nous avons déjà l’assurance que les différentes demandes d’asile seront reçues avec tout le respect du à l’etre humain.

Mérès M. Weche

Tuesday, May 23, 2017

Haiti Travel Warning

May 22, 2017

The Department of State warns U.S. citizens to carefully consider the risks of traveling to Haiti due to its current security environment and lack of adequate medical facilities and response, especially in the areas of Petionville and the storm-damaged southern peninsula departments of Grand Anse and Sud. This replaces the Travel Warning dated November 4, 2016.
Rates of kidnapping, murder, and rape rose in 2016. While there is no indication that U. S. citizens are specifically targeted, kidnapping for ransom can affect anyone in Haiti, particularly long-term residents. Armed robberies and violent assaults reported by U.S. citizens have risen in recent years. Do not share specific travel plans with strangers. Be aware that newly arrived travelers are targeted. Arrange to have your host or organization meet you at the airport upon arrival or pre-arranged airport to hotel transfers. Be cautious when visiting banks and ATMs, which are often targeted by criminals. Fewer incidents of crime are reported outside of Port-au-Prince, but Haitian authorities' ability to respond to emergencies is limited and in some areas nonexistent. U.S. Embassy employees are discouraged from walking in city neighborhoods, including in Petionville. Visit only establishments with secured parking lots. U.S. Embassy personnel are under a curfew from 1:00 a.m. to 5:00 a.m. Embassy personnel must receive permission from the Embassy security officer to travel to some areas of Port-au-Prince and some regions of the country, thus limiting the Embassy's ability to provide emergency services to U.S. citizens.

Protests, including tire burning and road blockages are frequent and often spontaneous. Avoid all demonstrations. The Haitian National Police's ability to assist U.S. citizens during disturbances is limited. Have your own plans for quickly exiting the country if necessary.

The U.S. Embassy remains concerned about the security situation in the southern peninsula departments of Grand Anse and Sud following the devastation of Hurricane Matthew. Embassy employees are not permitted to travel to those departments without special approval for and official trips only.

Medical care infrastructure, ambulances, and other emergency services are limited throughout Haiti.Check that your organization has reliable infrastructure, evacuation, and medical support in place. Comprehensive medical evacuation insurance is strongly advised for all travelers.

For further information:

See the State Department's travel website for the Worldwide Caution, Travel Warnings, Travel Alerts, and Haiti's Country Specific Information.
Enroll in the Smart Traveler Enrollment Program (STEP) to receive security messages and make it easier to locate you in an emergency.
Contact the U.S. Embassy in Port-au-Prince, located at Boulevard du October, Route de Tabarre telephone: 509-2229-8000; after hours emergency telephone: 509-2229-8000;fax: 509-2229-8027; e-mail: acspap@state.gov; web page: http://haiti.usembassy.gov.
Anyone who missed a scheduled American Citizen Services appointment at the U.S. Embassy due to Hurricane Matthew is welcome to call 509-2229-8000, 509-2229-8900 or send us an email at the acspap@state.gov to reschedule your appointment. For Immigrant or nonimmigrant visa cases, please contact the call center at 509-2819-2929 or by email at support-Haiti@ustraveldocs.com.
Call 1-888-407-4747 toll-free in the United States and Canada or 1-202-501-4444 from other countries from 8:00 a.m. to 8:00 p.m. Eastern Standard Time, Monday through Friday (except U.S. federal holidays).
Follow us on Twitter and Facebook.

Monday, April 24, 2017

Macron favori face à Le Pen pour le second tour

Marine Le pen (à g)et Emmanuel Macron (à d)vont au 2ème tour
Le jeune pro-européen Emmanuel Macron part favori dans la bataille lancée lundi pour le second tour de l'élection présidentielle française, le 7 mai, face à la dirigeante d'extrême droite anti-mondialisation Marine Le Pen, duel qui exclut les deux grands partis traditionnels.
Marine Le Pen qui réalise ses meilleurs scores dans les zones rurales, les petites communes, les régions qui ont pâti de la mondialisation est repartie sur le terrain dès lundi matin avec un déplacement dans le nord de la France.
Le premier tour du scrutin, marqué par une participation massive de près de 80%, signe l'élimination sans précédent des deux grandes formations de droite (Les Républicains) et de gauche (Parti socialiste) dans la course finale à l'Élysée, au profit de deux candidats aux antipodes portés par le désir de renouvellement politique des Français.
Au terme d'une campagne présidentielle de plusieurs mois riche en rebondissements et au suspense inédit, le centriste Emmanuel Macron, 39 ans, est arrivé en tête du premier tour dimanche, avec 23,75% des suffrages, suivi par la dirigeante du Front national, 48 ans, avec 21,53% des voix, selon des résultats définitifs.
Les «Unes» des quotidiens français résument le choc de ce premier tour et les enjeux à venir: «la droite K.-O.», titrait le journal de droite le Figaro. Le quotidien de gauche Libération affichait une photo de Macron avec le titre: «À une marche» (de l'Élysée), allusion à son mouvement En marche! «Jamais!» s'exclamait pour sa part le journal communiste l'Humanité avec une photo de Marine Le Pen.
«En une année, nous avons changé le visage de la vie politique française», a lancé Emmanuel Macron devant ses partisans réunis dimanche soir à Paris.
Le résultat de l'ancien ministre de l'Économie et les pronostics de victoire liés aux reports attendus des voix en sa faveur pour faire barrage à l'extrême droite est «le scénario parfait dont le marché rêvait désespérément», selon Sebastien Galy, analyste chez Deutsche Bank AG à New York, après le vote du Brexit en juin dernier au Royaume-Uni et l'accession du protectionniste Donald Trump à la Maison-Blanche outre-Atlantique.
Devant ses soutiens, Mme Le Pen s'est pour sa part réjouie d'un résultat «historique», avec un record de voix à 7,6 millions de voix, selon les résultats quasi-définitifs. «La première étape est franchie», a affirmé la candidate, dont la qualification au second tour était pronostiquée par tous les sondages depuis 2013.
Le conservateur François Fillon, plombé par le scandale autour des emplois fictifs présumés au profit de sa famille, a enregistré une humiliante défaite, à 19,91% des voix, au coude-à-coude avec le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon qui fait une percée record après sa campagne atypique axée sur la volonté d'une refonte des institutions de la République.
Le socialiste Benoît Hamon a lui subi de son propre aveu un «désastre», avec 6,35% des suffrages, à l'issue d'un quinquennat socialiste.
«Front républicain»
Jamais élu, M. Macron est en bonne position pour succéder au président sortant François Hollande et devenir le plus jeune président de la République de l'Histoire, devant Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873).
La majorité de la classe politique française de droite comme de gauche a appelé à «faire barrage» à l'extrême droite, dont les candidats battus François Fillon et Benoît Hamon.
Ce serait une «faute morale de ne pas barrer la route à l'extrême droite», a insisté lundi Thierry Solère, ex-porte-parole de M. Fillon.
Un «front républicain» qui rappelle l'élection présidentielle de 2002 qui avait vu le fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen, père de Marine, se qualifier au second tour du scrutin face à Jacques Chirac avant d'être battu à plate couture (17,79%) du fait du rassemblement contre lui.
Aux antipodes sur plusieurs thèmes -ouverture/repli, identité/diversité, libéralisme/protectionnisme- , le duel du 7 mai prochain promet d'être polarisé autour de deux thèmes centraux: l'Europe et la mondialisation.
«Le grand enjeu de cette élection est la mondialisation sauvage qui met en danger notre civilisation», a affirmé Mme Le Pen qui prône fermeture des frontières, sortie de l'euro et moratoire sur l'immigration.
«Soit nous continuons sur la voie de la dérégulation totale, soit vous choisissez la France», a-t-elle dit dimanche.

Emmanuel Macron, lui, veut porter «la voix de l'espoir» pour la France et «pour l'Europe», et devenir «le président des patriotes face à la menace des nationalistes». Le candidat centriste a d'ores et déjà reçu un soutien appuyé de la chancellerie allemande.

Saturday, April 15, 2017

La guerre presqu’imminente : les Nord-Coréens évacuent leur capitale !

La marine américaine envoie des navires vers la péninsule coréenne
Moins de quarante-huit heures après le  bombardement d’une base militaire syrienne en represailles à une possible attaque chimique, les Etats-Unis ont déployé un porte-avions et sa flotte vers la péninsule coréenne, a annoncé samedi 8 avril, le porte-parole du commandement américain dans le Pacifique.

"Le commandement américain dans le Pacifique a ordonné au groupe aéronaval déployé autour du porte-avions USS 'Carl Vinson' d'être à disposition et présent dans l'ouest du Pacifique, et ce, par mesure de précaution", a déclaré son porte-parole, le commandant Dave Benham. "La menace numéro un dans la région reste la  Corée du Nord , en raison de son programme de missiles irresponsable, déstabilisateur et imprudent, et de la poursuite [de ses recherches] en vue de disposer d'armes nucléaires", a-t-il ajouté.

Pyongyang (à droite), le leader de
la Corée du Nord.                        
Le leader de la Corée du Nord aurait donné l'ordre d'évacuer 25 % de la capitale nord-coréenne. Cela veut dire que 600.000 personnes sont sommées manu militari de quitter leurs foyers. Les experts croient que c'est lié à la tension accrue dans le relationnel avec les Etats-Unis. Selon nos sources confidentielles, il n'y aurait pas assez de places disponibles dans les abris pour protéger tous les habitants de Pyongyang. L'évacuation aurait débuté par les prisons et les foyers.


Cliquer pour agrandir l'infographie
Selon les médias internationaux, le groupe aéronaval américain croisant le long de la côté nord-coréenne aurait été renforcé par un sous-marin nucléaire d'attaque du projet «Ohio» portant 154 missiles de croisière « Tomahawk ». Selon les médias locaux, ce bâtiment doit mouiller en Corée du Sud le 18 avril prochain.

En même temps, les sources sud-coréennes informent que la Corée du Nord avait lancé dernièrement une vaste opération médiatique appelée « derniers adieux » : les citoyens font leurs adieux aux membres de leurs familles, à leurs équipes de travail, à leurs maisons, etc. Mais il est interdit de prononcer ce genre de formule en s'adressant au parti communiste au pouvoir et aux services de sécurité.

Pendant le week-end, les périodiques chinois ont rapporté que des troupes annexes et des médecins auraient été dirigés par les autorités chinoises pour parer à toute situation imprévisible. Les médias chinois ont divulgué une photo sur laquelle on voit de multiples trains militaires faisant la queue sur la voie ferroviaire en direction de la Corée du Nord, à une distance de 200 miles de la frontière.

Le sous-marin Ohio rejoindra le groupe aéronaval amé
ricain dans la péninsule coréenne ce weekend.           
150.000 soldats chinois auraient été mobilisés en attendant l'afflux des réfugiés nord-coréens, désireux d'échapper aux frappes américaines.

Il est à rappeler que la Corée du Nord a qualifié l'attaque perpétrée par Donald Trump contre la Syrie d'inacceptable la jugeant être un acte « d' agression gratuit et intolérable ».


Exercices de lancement de missiles en Corée du Nord
(Photographie d'illustration)
Cependant, les autorités chinoises ont démenti la mobilisation de leurs 150.000 effectifs humains. L'expert international de « Pravda.ru » Aydyn Mekhtiyev, membre correspondant du Centre d'études diplomatiques et stratégiques de Paris, a déclaré que la montée aux extrêmes pourrait s'opérer le 15 avril prochain, le jour annoncé du test du missile balistique nord-coréen. A son tour, un professeur- orientologue russe, Andre Lankov vient de déclarer que la riposte nord-coréenne pourrait atteindre 25 millions de citoyens sud-coréens à Séoul se trouvant dans la région limitrophe par rapport à la frontière. « Dans ce cas-là une nouvelle guerre des deux Corées devient inéluctable », estime-t-il. En même temps, l'expert militaire de Pravda.ru Igor Korotchenko n'exclut pas l'usage de l'arme nucléaire si les Etats-Unis tirent une salve de 600 missiles de croisière que le système anti-aérien du pays en question ne saurait bloquer.

Sources : France24, Le Figaro

Tuesday, April 4, 2017

Le Parlement haïtien: garant de la mauvaise gouvernance


Des idées pour le développement
Publié le 2017-04-03 | Le Nouvelliste
De par sa mission de légiférer et de contrôler l’action du pouvoir exécutif, le Parlement était appelé à jouer un rôle crucial dans  l’émergence d’une saine gouvernance en Haïti. Aussi devait-il contribuer à augmenter l’efficacité des dépenses publiques et, au bout du compte, promouvoir la croissance et le développement économiques. Ironie du sort, le Parlement s’érige aujourd’hui en véritable garant de la mauvaise gouvernance. La formation du gouvernement Lafontant en est un exemple éloquent.

Invité de notre confrère Valéry Numa sur la Radio Vision 2000 le mercredi 15 mars 2017, le sénateur du Sud-Est Joseph Lambert a donné tous les détails concernant le mécanisme de désignation des ministres, secrétaires d’État et des directeurs généraux. Le procédé se révèle être assez cocasse : des sénateurs et députés ont purement et simplement choisi leurs proches. En se basant rarement sur des critères de compétence et d’expérience. Que du clientélisme !

Généralement, comme le montrent les expériences précédentes, ces ministres, secrétaires d’État et directeurs généraux sont aux ordres de leurs bienfaiteurs. Résultat : les ministères et les organismes déconcentrés sont complètement assiégés. Dans certains cas, le personnel de ces institutions est doublé en moins d’un an. Les partisans des parlementaires parraineurs sont alors embauchés en masse. Souvent sans qualification aucune.
Les fonds publics sont utilisés à des fins partisanes en vue de répondre aux aspirations de groupes ou de clans. Des professionnels compétents sont révoqués sans justification pour faire la place aux partisans des parlementaires. Ces derniers abandonnent alors leur mission de contrôle et font la mainmise sur l’appareil administratif de l’État. 
Les ministres, secrétaires d’État et directeurs généraux agissent comme bon leur semble au mépris des normes régissant l’Administration publique puisqu’ils ne s’exposent à aucune forme de contrôle ou de sanction. Les consulats et les ambassades haïtiens subissent le même assaut des parlementaires.

Quant à la fonction de légiférer, elle devient tributaire des intérêts individuels, de groupes ou de clans. Par exemple, les sénateurs ont voté le 15 mars, de façon précipitée, une loi sur la diffamation que des analystes considèrent comme une menace contre les citoyens qui jettent un regard critique sur les décisions et actions des parlementaires et des officiels du gouvernement. Comme pour imposer la mauvaise gouvernance à la société tout en bafouant son droit d’y résister.   

Outre les nominations massives courantes utilisées par certains parlementaires, le sénateur Lambert a mentionné la possibilité pour le parlementaire qui place ses poulains aux timons des affaires de bénéficier des contrats. Il a pris soin de mentionner quand ces contrats n’exigent pas un appel d’offres. Cependant, même dans ces cas, la loi sur les marchés publics exige des ordonnateurs qu’ils sollicitent trois factures pro forma afin de choisir le mieux-disant. Évidemment, quand les montants requièrent un appel d’offres, les autorités vont souvent diviser le contrat en plusieurs sous-contrats pour contourner la loi et favoriser leurs tuteurs.   

Donc, en choisissant des ministres, secrétaires d’État et directeurs généraux, les parlementaires faussent les règles du jeu de la concurrence qui doivent permettre aux consommateurs de bénéficier des biens et services de meilleure qualité à un prix optimal. Le rapport de la commission Anticorruption du Sénat dirigé par le sénateur de l’Artibonite Youri Latortue a mentionné des firmes qui ne respectaient pas des contrats mais qui ne faisaient l’objet d’aucune poursuite. Parfois, les mêmes parlementaires qui choisissent ces hauts fonctionnaires de l’État détiennent des firmes qui profitent des contrats publics sans appel d’offre.

Quand ce ne sont pas les parlementaires qui choisissent, ce sont les autres acteurs de la vie nationale, notamment le secteur privé. Mais le mécanisme d’appropriation de l’État ne change pas. Le sénateur de l’Ouest Jean Renel Sénatus, qui déplorait cet accaparement de l’État par des intérêts privés au micro de notre confrère Valéry Numa le jeudi 16 mars 2017, a  confirmé l’information du journaliste selon laquelle les charriots rapportent à l’aéroport international Toussaint Louverture en moyenne 3 000 dollars américains par jour. Pourtant, les autorités aéroportuaires cèdent la gestion de ces charriots à un entrepreneur privé pour la modique somme de 3 000 dollars par mois. Plus surprenant encore, précise le sénateur Jean Renel Sénatus, les coûts de fonctionnement de la gestion des charriots demeurent à la charge de l’État.

Un rapport interne commandé par un ancien directeur de l’Autorité aéroportuaire nationale (AAN) précise qu’il y a en moyenne 1 500 usages des charriots par jour à raison de 2 dollars américains par usage, ce qui donne une moyenne de 3 000 dollars américains par jour. American Airlines dispose de vols vers Miami, Fort Lauderdale et New York. Il y a également les vols des compagnies aériennes Jet Blue, Delta, Sunrise, Air Transat, Air Canada, Air Caraïbes, etc. Le trafic aérien est assez important pour rendre très rentable l’utilisation des charriots. Rappelons que dans certains aéroports internationaux comme celui de Montréal au Canada, on ne paie pas pour l’utilisation des charriots.

Pour avoir osé soulever ce problème, le directeur de l’AAN en question a été révoqué immédiatement. Le signal est donc clair et net : on ne touche pas aux intérêts privés des hommes puissants de la République d’Haïti. Celui qui tente de poser le problème de l’intérêt collectif risque d’être sanctionné automatiquement avec la plus grande rigueur.
Aucune institution de contrôle ne prend la chance d’aborder ces problèmes. Ni la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA), ni l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), ni le Parlement, pour ne citer que ces trois. La mission du Parlement est détournée et les fonctions de l’État sont perverties. Le bien commun n’est plus au centre des débats. Le vote du parlementaire est déterminé uniquement par ses privilèges et ceux de ses patrons. Sans aucun souci pour l’éthique. Toutes les grandes décisions de l’État donnent lieu à un marché lucratif. Qu’il s’agisse de la formation d’un cabinet ministériel ou du vote d’une loi. Dans un tel contexte de délabrement institutionnel, d’absence de conscience collective et de mépris du bien commun, aucun développement économique n’est envisageable.

On peut également se questionner sur le pouvoir réel du chef de gouvernement, voire du président de la République. Les ministres, secrétaires d’État et directeurs généraux ne prêtent allégeance qu’à leurs parrains. Ils ne reçoivent d’ordre de nulle autre personne. L’ancien Premier ministre Garry Conille peut en témoigner. Comment les chefs du pouvoir exécutif peuvent-ils appliquer efficacement un programme gouvernemental avec des ministres, secrétaires d’État et des directeurs généraux ayant des intérêts et des agendas divergents et soumis à des autorités différentes ?

Le sénateur de l’Ouest Patrice Dumont a pris ses distances par rapport à cette pratique malsaine. Il est resté à l’écart du partage des postes, a indiqué le sénateur Lambert. Pour l’intérêt collectif, c’est un ouf de soulagement. Il pourra demander des comptes au pouvoir exécutif sans crainte de se faire tirer les oreilles. Mais sur le plan individuel, c’est un choix risqué pour sa réélection. Il ne pourra pas embaucher ses partisans les plus fidèles. Il ne bénéficiera pas de la largesse d’un ministère ou d’un organisme déconcentré pour financer sa campagne. Il risque d’ailleurs d’être très isolé au Parlement.

À ce niveau, le sénateur Sénatus est très franc : si l’on lui offrait un poste ministériel, il l’accepterait à cœur joie. Il a tellement de partisans à la recherche d’un emploi dans la fonction publique ! Pour sa part, même le poste de ménagère intéresse le sénateur Lambert. C’est pourquoi les ministères  ou organismes déconcentrés de l’État contrôlés par les parlementaires sont bondés de leurs partisans, quelques mois plus tard. 

Il existe donc un conflit ouvert entre intérêts individuels et collectifs. Dans ce combat, la majorité des parlementaires ont fait le choix des intérêts individuels. Trop souvent mesquins. Le résultat conduit à un véritable désastre économique. Qui pis est, il sera très difficile de retourner à la normale, car beaucoup de parlementaires estiment que leur comportement est tout à fait normal. C’est le cas du sénateur Lambert dans le cadre du choix des dirigeants de l’exécutif. Le sénateur Jacques Sauveur Jean faisait de même en justifiant qu’il était normal qu’il nomme sa femme à la délégation du Nord-Est et sa fille âgée seulement de 21 ans au Consulat d’Haïti à New York. Comme si le népotisme n’était pas un acte de corruption, puni par la loi.

Et la pratique s’étend au plus haut sommet de l’État. Par exemple, l’ex-président Martelly accordait des postes de responsabilité à sa femme et son fils, comme si l’administration publique était son entreprise privée.

En fin de compte, le paysage politique devient complètement souillé. On y retrouve des parlementaires qui achètent des votes au moment de se faire élire. Puis, parvenus au Parlement, ils vendent à leur tour leurs votes au pouvoir exécutif. Comme un commerce où l’on achète puis on vend et revend les votes en dehors de tout débat sur l’avenir de la nation qui se fait de plus en plus sombre. Imaginez un instant que chaque fonctionnaire public exigeait un privilège quelconque pour accomplir un acte relevant de sa fonction comme le font les parlementaires ! Ce serait de la corruption généralisée à tous les niveaux de l’État. Une véritable pagaille !

Aujourd’hui en Haïti, la bonne gouvernance, avec comme corollaire la reddition des comptes, la transparence et la méritocratie, est considérée comme une vue de l’esprit. Les vertus se perdent dans les intérêts individuels comme les fleuves dans la mer. Ce n’est donc pas surprenant qu’Haïti se trouve dans la queue du classement des pays développés.

La ratification de la déclaration de politique générale du Premier ministre Lafontant par le Sénat de la République, malgré les failles du dossier, a poussé l’ancienne sénatrice du département Centre, Edmonde Supplice Bauzile, à publier sur sa page Facebook cette déclaration du président sénégalais Macky Sall : « J'ai supprimé le Sénat et j'ai utilisé les fonds alloués à cette institution pour construire cette centrale, car mon peuple a plus besoin d'électricité que de sénateurs qui ne servent à rien. » En Haïti, c’est tout le Parlement qui serait visé.

Thomas Lalime
thomaslalime@yahoo.fr

Friday, March 17, 2017

Donald Trump reçoit la chancelière allemande Angela Merkel

Angela Merkel et Donald Trump lors de leur rencontre à la Maison Blanche

Le président américain a reçu la chancelière allemande Angela Merkel, ce vendredi 17 mars, à la Maison-Blanche. Elle est le deuxième chef de gouvernement européen à venir à Washington depuis l'élection de Donald Trump, après la Première ministre britannique Theresa May.

C'était le rendez-vous des contraires. Deux personnalités aux antipodes et deux visions du monde contradictoires ont amorcé un dialogue lourd d'enjeux pour la relation euro-américaine vendredi à la Maison-Blanche. À l'évidence, Donald Trump et Angela Merkel n'ont pas surmonté leurs divergences, exposant sans chaleur des points de vue parallèles sur le commerce et la défense européenne.

Angela Merkel et Donald trump lors de leur conférence
conjointe à LA Maison Blanche le 17 mars 2016.         
Avant cette première rencontre, le président et la chancelière avaient surtout eu des échanges acerbes. Trump avait dénoncé «l'erreur tragique» d'accueillir des réfugiés syriens et Merkel lui avait fait la leçon sur les «valeurs de démocratie». Vendredi, leurs entretiens ont débordé de 50 minutes sur l'horaire prévu, sans doute le signe d'une relation apaisée. «Nous venons de conclure une réunion très productive avec des entrepreneurs allemands et américains», a déclaré sobrement le président. Avec l'enjeu de sa réélection en septembre et une opinion publique allemande très sceptique du président américain, Merkel n'en a pas rajouté dans les effusions.

Il a fallu l'évocation des écoutes dont Donald Trump croit avoir été victime - et dont Angela Merkel fut la cible de la part des États-Unis - pour que le président lâche: «Au moins nous avons quelque chose en commun».

La chancelière allemande Angela Markel et Yvanka
Trump assistent à une réunion commune avec des re-
présentants d'entreprises.                                       
Hostile ou indifférent à l'Union européenne, hésitant sur l'utilité de l'Otan, Trump juge les alliances à l'aune des bénéfices qu'en retirent les États-Unis. «À ses yeux, il n'y a en Europe ni menace, ni réelle mise en commun des moyens», analyse Jennifer Lind du Council on Foreign relations (CFR). Pour Walter Russell Mead, du Hudson Institute, Trump n'est pas de ceux «qui voient l'Otan comme un mariage catholique sans divorce. L'ordre international doit mériter sa place».
La chancelière s'était préparée à ces défis, étudiant les déclarations politiques et la personnalité de son interlocuteur. Elle savait que, pour le champion de «l'Amérique d'abord», l'Allemagne s'enrichit au détriment des États-Unis, avec un excédent commercial de 70 milliards de dollars par an, et se défausse depuis trop longtemps sur eux de sa sécurité. Le conseiller économique de Trump, Peter Navarro, accuse même Berlin d'orchestrer une «sous-évaluation de l'euro» pour nuire à l'économie américaine.

«Je suis pour le libre et juste commerce. Mais les négociateurs allemands ont mieux travaillé jusqu'ici que les négociateurs américains, et cela va changer » a déclaré Donald Trump.

Aux yeux du président, ces anomalies doivent être corrigées. Pour le rassurer, Angela Merkel a fait valoir qu'avec une hausse de 8% de son budget de défense l'an dernier, Berlin a déjà entrepris de se rapprocher du seuil de 2% du PIB attendu des partenaires de l'Otan d'ici à 2024 - partant de 1,3% aujourd'hui. Trump a dit «apprécier l'effort», réaffirmant son «engagement ferme envers l'Otan, mais aussi la nécessité pour nos alliés de payer leur juste part».

Pour défendre la relation économique bilatérale, la chancelière s'était entourée de dirigeants d'entreprises allemandes comme BMW, dont la plus grande usine se trouve aux États-Unis. Ils ont fait valoir à Trump leurs 200 milliards d'investissements et 700.000 emplois créés dans son pays. Ils lui ont aussi expliqué leur système d'apprentissage, promettant de le développer outre-Atlantique. Trump s'est défendu d'être «isolationniste»: «Je suis pour le libre et juste commerce. Mais les négociateurs allemands ont mieux travaillé jusqu'ici que les négociateurs américains, et cela va changer», a-t-il promis.


La Maison-Blanche avait indiqué que le président était curieux de connaître l'opinion de Merkel sur Vladimir Poutine, qu'elle pratique de longue date. L'avenir de l'Europe, l'Ukraine et la lutte contre l'État islamique figuraient aussi au menu de leurs discussions, sujets trop vastes pour être épuisés en deux heures de tête-à-tête et un déjeuner. Angela Merkel n'a pas été invitée à Mar-a-Lago, la résidence de Floride où avait séjourné le premier ministre japonais, Shinzo Abe, et vers laquelle s'est envolé Donald Trump dès la fin de leurs entretiens.

Source: Le Figaro.fr

Tuesday, March 14, 2017

NON, TI SIMONE N’EST PAS MICHEL MARTELLY

Par Elizabeth Sévère
Le magnifique éditorial que Marvel Dandin a présenté le jeudi 2 mars 2017 dans l’émission “Di-m ma di-w” sur les ondes de Radio Kiskeya a été bien reçu par tous ceux qui jusuq’ici ont horreur de la grivoiserie. Il l’avait fait dans le but de répondre aux obscénités qu’a proférées Joseph Michel Martelly, l’éternel Sweet Micky, au cours du dernier défilé carnavalesque qui a eu lieu aux Cayes à l’endroit des journalistes Liliane Pierre-Paul et Jean Monard Métellus. En très grande partie, je suis d’accord avec M. Dandin. Il existe un seul point sur lequel je suis en désaccord avec le courageux éditorialiste de “Kiskeya”. C’est quand il appelle Michel Martelly “Sweet Micky, Ti Simone, ancien président avadra”.

Il n’y a aucun doute que Joseph Michel Martelly est né “avadra”, a vécu toute sa vie en “avadra” et va sans aucun doute  mourir “avadra”. Cependant, c’est manquer d’égard à Ti Simone que de vouloir la comparer avec ce “bandit légal”. Peut-être que notre estimable Dandin et d’autres encore sont trop jeunes pour connaître Ti Simone. C’est injuste de comparer Joseph Michel Martelly à Ti Simone. Et sans aucun doute, M. Dandin a fait cette comparaison de bonne foi. Vers 1965-1966, celle-ci était une jeune fille du peuple, âgée d’une vingtaine d’années, qui se tenait devant le char carnavalesque de certains jazz, en dansant de façon indécente. Si c’était en 1995 que Ti Simone avait fait ce qu’elle faisait sur les chars en 1965, aujourd’hui, elle serait député, mairesse ou même présidente de la République. Si Joseph Michel Martelly a pu devenir président d’Haïti, n’importe quel chenapan peut l’être également, car jamais notre nation a accouché d’un vaurien aussi répugnant comme Joseph Michel Martelly.
Ti Simone avait plus de classe que Gracia Delva et Joseph Michel Martelly, dit Sweet Micky. Personne ne peut dire qu’elle a une seule fois entendu en public sortir des bouches de Ti Simone des insanités comme celles que Joseph Michel Martelly profère dans le pays depuis près de 30 années. C’est un monsieur qui a descendu son pantalon en public – comme il l’a fait dans l’administration haïtienne. Personne ne peut dire avoir vu une seule fois en public la culotte de Ti Simone comme on avait vu l’année dernière le caleçon de Gracia Delva au cours d’un meeting électoral. Pourquoi s’étonner que Jovenel Moïse ait applaudi Joseph Michel Martelly, ancien president-avadra? Qui se ressemble, s’assemble. Qui dit Sweet Micky dit Jovenel Moïse. N’est-ce pas Michel Martelly qui avait recommandé Jovenel Moïse?

Autrefois, dans le pays, on arrêtait et condamnait à de lourdes amendes les gens qui proféraient des insanités dans les rues. En 1968, le régime de Duvalier, un régime certes criminel, avait interdit la chanson “ Juge, juje-m bien” de Coupé Cloué, car celui-ci y avait dit quelques mots qui constituaient des entraves à la morale publique. Aujourd’hui, on voit Jovenel Moïse et sa femme, tout en souriant, danser aux Cayes les insanités de Michel Martelly. De toutes façons, c’est seulement dans l’Haïti d’aujourd’hui qu’un homme sans relief comme Jovenel Moïse peut en devenir le premier magistrat.

Où est passé le sens de la décence et de la moralité dans le pays? Où se trouvent nos autorités religieuses? Où se trouve le cardinal Chibly Langlois? Où se trouvent nos autorités intellectuelles, les Franck Etienne, les Dany Laferrière, les Michaëlle Jean, les Myrlande Manigat, les Lyonel Trouillot, les Arnold Antonin, etc? Où sont-elles passées les associations de défense des droits des femmes? Dans cette affaire, ce serait bien d’entendre la voix d’une grande dame telle que Odette Roy-Frombrun. N’existe-t-il pas en Haïti des associations de professeurs pour dénoncer et condamner publiquement cet acte de vagabondage de Joseph Michel Martelly? Il n’existe pas d’associations de parents dans le pays? Il ne s’agit pas de défendre ni Liliane Pierre-Paul ni Jean Monard Métellus. Ce sont deux adultes qui peuvent se défendre tout seuls. Il s’agit tout simplement de crier son ras-le-bol face à une situation qui porte atteinte à la dignité humaine.

Si le pays avait aux autres branches de son gouvernment (législative et judiciare) des dirigeants valables et compétents, qui se soucient de l’avenir de la jeunesse, ceux-ci auraient dû punir sévèrement Joseph Michel Martelly. Et ce ne serait même pas étonnant si dans cinq ans le même galipiat redevienne président du pays. Car c’est justement le silence, la complaisance et la démission des élites qui avaient permis à un chenapan tel que Joseph Michel Martelly de briguer en 2011 la magistrature suprême de l’Etat haïtien. Cela peut arriver car certains des gens dont nous avons cité plus haut leur nom ne font pas leur travail. Quelle autorité administrative digne de ce nom peut délivrer un certificat de bonne vie et mœurs à un dévergondé,  un vagabond comme Joseph Michel Martelly? Ce qu’il a fait représente clairement un outrage public à la pudeur et aux bonnes mœurs et constitue une atteinte  à la décence  publique.

En son article 278, le Code pénal haïtien stipule clairement: « Toute personne qui aura commis un outrage public à la pudeur sera punie d’un emprisonnement de trois mois à un an, et d’une amende de seize gourdes à quarante-huit gourdes. Définissons alors l’expression “outrage public à la pudeur.” Selon René Garraud, dans son « Traité de droit pénal »: “L’outrage à la pudeur résulte d’un fait physique, acte, attitude ou geste, de nature à offenser la pudeur d’autrui.”  L’auteur continue: “Les éléments constitutifs de l’outrage public à la pudeur sont au nombre de trois. Il faut qu’un fait matériel, contraire à la pudeur, ait été publiquement commis, sans nécessité et volontairement.”

Il est lamentable le fait qu’un homme peu recommandable comme Michel “Sweet Micky” Martelly ait attaqué sans raison deux journalistes qui n’ont commis comme crime que dénoncer ses dérives à la tête de l’Etat. Mais certains membres de la presse haïtienne doivent avoir le courage de dire aujourd’hui “mea culpa… mea culpa… mea maxima culpa”. C’est que, en grande partie, ils sont responsables de la popularité de Michel Martelly en Haïti. C’est un vaurien qui dit ouvertement des insanités dans le pays depuis près de trois décennies, qui a plus d’une fois descendu son pantalon en public, qui s’est masturbé en public. En dépit de tout, jamais la presse n’a pris une position ferme pour dire le danger qu’un tel sacripant représente pour la jeunesse du pays. Devenu président, il a continué à faire les mêmes choses. Par exemple, le 26 juin 2011, voilà Michel Martelly qui se déhanche  au Kreyòl Festival à Wingate High School, à New York. Daniel Supplice, ancien tonton macoute certes, mais un homme quand même éduqué, présent, sourit et applaudit ces gestes de son infréquenatble ami. C’est que, pour Daniel Supplice, l’argent n’a pas d’odeur. De son côté, au lieu de dénoncer d’obscènes les gestes de ce vaurien, l’un des journalistes du Nouvelliste les a apppelés “ les petits gestes comiques du président de la République”.   

De nos jours, n’importe qui peut aspirer à n’importe quelle fonction dans le pays! N’importe qui, n’ayant fait aucune étude secondaire, peut se tenir devant un microphone pour parler au sujet de n’importe quelle science sociale. Récemment, j’ai entendu dans une de nos stations de radio un monsieur citer le nom de Jean Price Mars, ceux de J.B. Romain, d’Emmanuel C. Paul pendant que clairement il n’a jamais lu pas un seul livre de ces grands hommes. Il mésinterprétait tout et faisait un véritable galimatias. Et le public l’appelait au téléphone pour l’applaudir. Donc, un aveugle conduisait des milliers d’autres aveugles. Cela ne m’étonnerait pas si dans cinq ans celui-ci, à cause de son charisme, il deviendrait député, sénateur ou président d’Haïti.
Joseph Michel Martelly, un soi-disant ancien president du pays, l’ancien soi-disant premier magistrat de la nation, a violé aux Cayes tous ces principes. Toute peine doit être proportionelle à tout crime commis. Après un tel acte, un homme comme Joseph Michel Martelly aurait dû être banni de toute fonction publique ou / et élective au moins pendant 50 ans. Nous nous montrons durs à l’endroit de jeunes filles du peuple sans boussole, sans aucune ressource financière qui se prostituent malgré elles et nous offrons la magistrature suprême de l’Etat haïtien à un malandrin comme Joseph Michel Martelly. Trop, c’en est trop!

Non, Ti Simone n’est pas Michel Martelly! Ti Simone était une sainte comparée à un “fatras, un déchet toxique, un mardi gras mal masqué” comme Joseph Michel Martelly, à un avadra tel que Gracia Delva. La société haïtienne n’a jamais connu un vagabond de la trempe de Joseph Michel Martelly. Ce vaurien est une honte pour le nom et le prestige de la nation haïtienne.

Elizabeth Sévère severeelizabeth@yahoo.com
Fontamara, Haïti
5 mars 2017

Sunday, March 12, 2017

Lettre ouverte du Dr. Réginald Boulos au Président Martelly

Président Michel Martelly                 Dr Réginald Boulos

Port au Prince, le 10 mars 2017
Mr Michel Joseph Martelly
56ème Président de la République
En ses bureaux. 

Monsieur le Président, 

C'est après mûre réflexion et beaucoup d'hésitation que j'ai décidé de vous écrire cette lettre ouverte, inspirée de l'amour que nous portons tous pour notre pays. Nos expériences communes, lors de la crise de 2014 dans laquelle vous m'avez permis de jouer un rôle essentiel en vue de conjurer le spectre du chaos qui menaçait notre chère Haïti, me confèrent, sans doute je pense, le droit citoyen de m'adresser à vous et à tous mes concitoyens pour faire appel aujourd'hui à cette sagesse que devrait faire naître en nous notre désir intense de voir ce pays sortir de l’abîme.

Loin de moi toute idée de vouloir, comme d'autres essaient de le faire, jeter le blâme sur l'un ou l'autre dans cette déchirure morale et sociale qui tourmente actuellement notre pays. Je tiens surtout à partager avec vous un message qui m’est venu du cœur. Un message du cœur pour vous dire, en toute modestie et toute fraternité, que vous risquez de sortir du chemin noble et honorable que le destin vous a réservé en faisant de vous le 56ème Président de la République d'Haïti. Notre pays ne connaitra point la stabilité et le développement tant que nous ne briserons pas cette chaîne de revanche qui polarise et déchire le corps social haïtien depuis des lustres. 

En effet, les évènements regrettables de ces dernières semaines s’inscrivent dans cette lignée de violences physiques et verbales qui agitent notre société depuis plus de trente années. Nous, Haïtiens, pensions, raisonnablement, qu’était révolu le temps des horreurs de la mise à mort par le supplice du collier, des disparitions inexpliquées, du laxisme, de la lutte sélective et partisane contre la corruption. Pourtant, d’une part, le pays assiste, avec inquiétude et amertume, à des attaques continues sur les libertés individuelles, et, de l’autre, à l’utilisation abusive et incendiaire de la liberté de parole jusqu'à cette polémique qui vous oppose à deux membres de la presse haïtienne.  Cette polémique est l’expression d’un drame social très profond marqué par une dilution des mœurs, une perte de sens et de valeurs, et une propension, apparemment incontrôlable, à la destruction de l’autre dans l’articulation des frustrations et animosités interpersonnelles, avec des conséquences négatives sur l’avenir de nos enfants 

Il convient de nous dépasser et de faire, tous, preuve de transcendance en cassant résolument cette dynamique d’invectives.  Nous devrions nous ressaisir et démontrer, en gens de bien et pétris d’abnégation et de civilités, par nos paroles et nos actes, que l’esprit de transcendance et de générosité est de loin plus grand et plus noble que l’instinct de revanche.

Je me sens d'autant plus à l'aise, Monsieur le Président, à vous adresser ces mots que ma famille et moi faisions l'objet de viles calomnies et d'attaques inouïes, une vingtaine d’années durant. Vous noterez que, jamais, nous n'avions cédé à la tentation de nous ravaler au caniveau d’où nous étions farouchement attaqués et de répondre à nos détracteurs par des actions qui ne font pas honneur à notre famille et qui contredisent notre système de valeurs. 

Monsieur le Président,
Notre peuple vous a élevé, par son vote, à la Magistrature Suprême de l’État. Aux droits qui s’y rattachent s’associent, évidemment, des devoirs auxquels il n’est point permis de se soustraire, comme celui de toujours montrer de la retenue et de manifester du respect envers ses concitoyens. Si d'autres, regrettablement, se croient en droit de dire ou faire n'importe quoi en tout temps et tout lieu, vous, par contre, devez, toujours et partout, vous interdire de dire ou faire n'importe quoi. 

Votre statut d’ancien Chef d’État vous commande plutôt d’agir en modèle et en leader pour amener nos frères et sœurs haïtiens, notre communauté humaine traversée d’angoisses et de dissensions perpétuelles, à se réconcilier avec elle-même dans la concorde, l’harmonie, le respect de l’un pour l’autre, et la tolérance mutuelle dans la diversité des goûts et des préférences individuels. Vous aurez beaucoup mérité de la patrie si vous saisissez l'opportunité enviable qui vous est offerte par l’histoire et le destin de servir de modèle à nos enfants et nos jeunes. Loin de la trivialité de l’ordinaire, le statut de Président est à réinscrire dans l’ordre suprême de grandeur et de prestige qui est naturellement et conventionnellement le sien. 

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mon profond respect. 


Dr Reginald Boulos

Wednesday, March 8, 2017

Des soupçons planent sur les causes de la mort de l’ancien président d'Haïti

Les causes de la mort de René Préval sont mises en soupçons
L’annonce de la mort subite de René Préval ce vendredi 3 mars a fait suivre un flot d’hommages et de témoignages dans les médias et sur les réseaux sociaux. Certains l’adulent pour avoir été  le seul président qui a réussi deux mandats dans l’histoire d’Haïti, d’autres  fustigent son laxisme et son libéralisme.
Tandis que le pays se receuille calmement en six jours de deuil national décrété par la présidence - et la famille du défunt en train de préparer les funérailles nationales programmées pour le samedi 11 mars, la question «Et si la mort de Préval n'était pas si simple », tombe comme un couperet en ce début de semaine sur la plateforme en ligne Ayibopost. Et la mort de l’ancien président de la République est aussitôt remise en question au point que le doute s’empare des dirigeants au plus haut sommet de l’Etat.
Car, si dans un premier temps des sources ont évoqué, pour cause, un accident cardio-vasculaire, « des informations non confirmées circulant autour de la mort de l’ancien Président René G. Préval privilégient une thèse d’empoisonnement ». Le sénateur Jean Renel Sénatus, président de la commission Justice, Sécurité du sénat, se fait l’écho de cette rumeur quand il écrit au ministre de la justice ce mardi 7 février.
Dans sa lettre au ton cordial, il demande à Camille Junior Edouard « d’instruire le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince de diligenter une enquête dans l’espèce, s’adresser aux responsables de l’Institut Medio Légal (IML) pour  que le cadavre soit autopsié avant les funérailles de l’ex-président et que rapport circonstancié lui soit copié en toute célérité. »
Jean Renel Sénatus justifie sa démarche par le « principe que l’Etat a le monopole des enquêtes, poursuites de la répression légale et compte tenu de promouvoir l’harmonie de tous les éléments de la société, se référant aussi à l’article 34 du code d’instruction criminelle en vigueur ».
Pourtant, déjà « l'autopsie médico-légal de l'ex président René Préval a  eu lieu ce mardi à la requête de son épouse », a annoncé sur Twitter, Frantz Duval, rédacteur en chef du quotidien le Nouvelliste.
René Préval et son épouse Elisabeth (D)
Sous le choc, Elisabeth Delatour a confié le même vendredi à la presse que René Préval  était « d’excellente humeur »et qu’elle lui a parlé trois fois dans la journée. Mais elle n’était pas à la maison avec son mari au moment de l’AVC.
L'une des rares personnes a avoir passé avec  René Préval « [s]es dernières heures sur terre » peu avant sa mort est le député Jerry Tardieu. Il l’a spontanément raconté dans un article publié dans Le Nouvelliste en ces termes : « Pendant deux heures, autour des expressos que nous servait à répétition la sympathique Rose, nous allons échanger dans la bonne humeur et la plus parfaite convivialité. Serein, calme, détendu, l’ex-président Préval pétait la grande forme. Fidèle à son côté blagueur, de temps à autre, il refilait des calembours trempés d’humour dont lui seul a le secret. Absolument rien ne laissait imaginer qu’il allait rendre l’âme cinq minutes après m’avoir raccompagné à mon véhicule vers 11 heures du matin. »
Source : LoopHaiti.com

Guy Philippe - Une patate chaude à travers la gorge des kidnappeurs

L’affaire Guy Philippe poursuit son cours au tribunal fédéral 
L’affaire Guy Philippe poursuit son cours au tribunal fédéral du district Sud de la Floride. Après un moment de calme relatif, la défense du sénateur élu qui est passée de trois à une seule avocate en moins d’un mois, a présenté plusieurs requêtes au tribunal le 28 février dernier. Dans l’une de ces requêtes, intitulée « motion to dismiss for lack of personal jurisdiction » (requête en dessaisissement pour défaut de compétence personnelle), le sénateur élu, à travers son avocate, Me Zeljka Bozanic, a fait des déclarations fracassantes qui risquent d’avoir des conséquences majeures en Haïti.
Avant de faire ressortir les éléments de cette requête, il convient de faire deux considérations qui éclaireront le lecteur sur cette affaire riche en rebondissements imprévus. Premièrement, la stratégie des avocats de M. Philippe est maintenant connue. L’emphase, aujourd’hui, est mise sur le caractère politique de l’arrestation, et sur l’immunité dont, selon les avocats de M. Philippe, il devrait jouir en tant que sénateur élu. En ce sens, dans certains des documents soumis à la cour, l’avocate de M. Philippe insiste qu’il s’agit d’un sénateur élu dans une nation souveraine, et en tant que tel, les États-Unis devraient, en signe de courtoisie internationale (comity, en Anglais) envers Haïti, lui reconnaitre ce statut et surseoir aux poursuites au moins durant les 6 ans de son mandat.
Le second élément qu’il convient de souligner est que la stratégie de la défense aujourd’hui est clairement d’obtenir du tribunal le rejet de l’affaire (non-lieu) avant que le procès, prévu pour le 3 avril prochain, ne démarre. Et la défense de M. Philippe, dans la poursuite de cette stratégie, qualifie son arrestation de kidnapping par les forces américaines avec la complicité des autorités haïtiennes. Un élément important de cette stratégie sera d’obtenir, dans les prochains jours, une résolution du sénat haïtien condamnant fermement l’arrestation de M. Philippe, et préférablement, affirmant son statut de sénateur bénéficiant de l’immunité parlementaire. Venons en maintenant aux déclarations contenues dans la requête déposée par l’avocate du sénateur élu à la cour fédérale à la fin du mois dernier. Nous les reproduisons ici sans interférence rédactionnelle :
« Le 5 janvier 2017 le sénateur Philippe reçut un appel téléphonique de Salvador Étienne, un des policiers travaillant sous la direction du chef de la Police nationale haïtienne, Michel-Ange Gédéon. Salvador Étienne dit au sénateur Philippe qu’il avait un message urgent à lui communiquer de la part de chef Gédéon, et voudrait le rencontrer le plus tôt possible. Le sénateur Philippe accepta de rencontrer Salvador Étienne devant le Best Western Hôtel, à Pétion-Ville.
Dans la matinée du même jour, le sénateur Philippe, accompagné du député Ronald Étienne et de Paul Mython, rencontra Salvador Étienne devant l’hôtel Best Western, à Pétion-Ville. Salvador Étienne confia alors au sénateur Philippe que Chef Gédéon l’a envoyé l’avertir que des individus voulaient le tuer. Il lui dit aussi que le président Privert et le Chef de la Police judiciaire, Normil Rameau, travaillaient avec les Américains pour l’empêcher de devenir sénateur, et ils seraient même prêts à l’éliminer physiquement.

Après avoir reçu cette information, le sénateur Philippe décida de se faire accompagner d’agents de sécurité, et fit des apparitions publiques seulement dans des endroits où il y avait beaucoup de témoins potentiels, ce qui, selon lui, garantirait sa sécurité.

Parce que la conduite des agents américains qui se rendirent dans un pays étranger où, apparemment, ils tentèrent d’éliminer physiquement l’accusé est si scandaleuse, le tribunal devrait exercer son jugement et rejeter l’affaire pour défaut de compétence personnelle. »


Un peu plus tard, au cours de la même journée, le sénateur Philippe accorda une interview à une station de radio locale en tant que sénateur fraichement élu. À sa sortie de la station, des hommes armés fusèrent de toutes parts et tirèrent deux coups de feu, apparemment dans le cadre de l’exécution du projet d’assassinat dont il avait été informé dans la matinée. À ce moment, alors que l’un des hommes armés tirait un coup de feu, l’un des agents affectés à la sécurité de M. Philippe, Udy Noël, reçut deux projectiles à la place du sénateur après avoir poussé ce dernier hors du champ des projectiles. À cause des coups de feu, des badauds s’attroupèrent, et tout à coup, il y avait trop de témoins. Le sénateur Philippe fut alors appréhendé par des hommes qui semblaient être des agents américains. Ils placèrent une cagoule sur sa tête pour l’empêcher de voir. Cependant, il put entendre les communications radio que ces hommes échangeaient avec leurs interlocuteurs. Lorsque l’homme qui était le plus proche du sénateur annonça « nous l’avons épinglé », l’interlocuteur à l’autre bout de la ligne demanda « est-il mort » ? L’autre de répondre : « Non, on a dû modifier le plan à la dernière minute. »
Le sénateur Philippe fut conduit à un autre véhicule dans lequel il resta trois ou quatre heures. Il fut forcé de s’asseoir sur le plancher extrêmement chaud du véhicule, car le moteur était juste en dessous de lui. Après être resté plusieurs heures dans la voiture, privé de nourriture et d’eau, le sénateur Philippe fut conduit à une maison appartenant aux Américains où il demeura plusieurs heures, encore privé de nourriture et d’eau. Il fut ensuite envoyé aux États-Unis par avion et amené devant ce tribunal pour être poursuivi selon une inculpation datant de 2005.
Comment expliquer cet argumentaire, sans tomber dans des considérations trop techniques ? Essayons. D’après la loi américaine, une fois que l’accusé se trouve devant le tribunal, ce dernier a compétence personnelle (personal jurisdiction) pour entendre de l’affaire. Cependant, il y a deux exceptions à cette doctrine dite Ker-Frisbie Doctrine. La première, c’est dans le cas où le gouvernement américain arrête l’accusé dans un autre pays, en violation d’un traité d’extradition conclu entre les États-Unis et le pays où l’accusé a été arrêté. La seconde exception, c’est dans le cas où, dans le cadre de l’arrestation, le comportement des agents américains est tellement scandaleux que le tribunal devrait se sentir interpellé à ne pas entendre l’affaire, sous peine de cautionner ce comportement. C’est sur cette exception que l’avocate de M. Philippe, Me Zeljka Bozanic, fonde son argumentaire. Nous nous garderons de nous prononcer sur l’efficacité de cette stratégie de la défense dans ce cas précis.

Le procès est prévu pour le 3 avril prochain. Le 28 février, l’avocate de M. Philippe a soumis plusieurs requêtes à la cour. Le gouvernement a jusqu’au 10 mars pour répondre à ces requêtes. Le tribunal rendra sa décision peu après avoir reçu les documents responsifs des avocats du gouvernement. Le bureau Floride du National promet de suivre l’affaire de très près, et de publier, le cas échéant, plusieurs articles par semaine. Entre- temps, certains individus auront des éclaircissements à apporter à la communauté sur les déclarations du sénateur Philippe.
Frandley Denis Julien
Doctorant en droit Miramar, Floride