Saturday, March 23, 2013

Alexandre Dumas – Jérémie - Sous le soleil de la Floride

Alexandre Dumas – Jérémie - Sous le soleil de la Floride
par :Max Dorismond mx20005@yahoo.ca
Cette trilogie de titres suffisait à enflammer les cœurs et les esprits de cette jeunesse haïtienne nostalgique sous le chaud soleil du printemps de Palm Coast en Floride. Rien ne manquait, à part quelques cocotiers et des mangues juteuses d'Haïti. Le soleil ne se faisait pas prier, la chaleur excite. Les yachts et les voiliers démâtés dans la rade écoulaient paresseusement le temps aux caprices de l'onde. L'alcool coulait à flot, le rhum barbancourt avait droit de cité. Les filles étaient belles à croquer sous leur jupe moulante à damner un saint. Leur déhanchement s'harmonisait avec la lenteur des vaguelettes qui viennent mourir sur la plage non loin de la maison hôte en ce jour de grâce. Les garçons étaient aux anges et jouaient au paon de la bassecour, exposaient leur biceps et faisaient rugir les cylindrées de leurs voitures sports rutilantes, derniers modèles. Il y avait de la passion dans l'air.
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C'était ça, l'ambiance Des Amis de la place Dumas de Jérémie  , concoctée par les nostalgiques  Garry Florestal et Alou Appolon  . Pour égayer ce moment de rêve, ils ont fait appelle à une coqueluche jérémienne, leur chanteur fétiche Parnel Clédanor, mieux connu sous le pseudonyme de Malou. Ils l'ont fait venir de New-York pour la circonstance. De sa voix sirupeuse, rappelant celle d'Elvis Presley ou de Frank Sinatra, Malou, en duo avec un karaoké ou quelques rares guitaristes de passage, a entraîné les invités vers des sommets insoupçonnés. Son talent leur a permis de s'évader dans des excursions exotiques où la mélancolie a été détrônée, la tristesse désarçonnée. Dans les quatre langues, français, anglais, espagnole et créole, Malou enclenchaient tubes après tubes autour de la piscine des Appolon.



Le sentiment privilégié de se sentir à bord de son propre yacht ... Max Dorismond naviguait à proximité des côtes


   

Malou est un chansonnier surdoué. Les structures musicales de ses poèmes sont d'une inventivité efficace chargée de rythme et de tendresse. On écoute ses premières chansons les yeux embués et les secondes, un peu éberlué, la tête dans les nuages, à la recherche d'un premier amour perdu, d'un premier rêve laissé sur le contrefort du Versailles Night-club, là-bas à Jérémie. A l'entendre dans la chanson éponyme, «A Versailles ce soir», on ne cesse de retourner à ce rendez-vous manqué d'un amour imaginaire pour un premier slow. Des voisins américains de la zone contigüe, attirés par la voix suave de ce troubadour exotique, s'approchèrent des clôtures. On leur servit une rasade de rhum en plus de quelques croustillants griots entre deux bananes pesées.
  

Ce fut l'apothéose….Sapoti bon nan bouch blan. Les convives étaient à leur aise. Les éclats de rires fusaient en cascade. En fermant les yeux, on se croirait vraiment sur la Place Dumas. Il n'en fallait pas plus pour drainer tous les Jérémiens de partout des États-Unis et du Canada durant les trois jours qu'a duré cette agape. Ce fut l'occasion de rencontres de plusieurs amis de la diaspora éparpillés aux quatre coins de l'Amérique du nord. Les souvenirs de quartiers, d'école, de football, des tours de la Place étaient énumérés et ressassés par ceux que le temps et l'espace avaient séparés. Toutes les femmes étaient belles. Certaines d'entre-elles avaient bien traversé le temps. Sous un maquillage savant elles respirent le bonheur de leur jeunesse évaporée dans la brume floridienne. Pour une partie des hommes, les moins jeunes, le voyage a été effectué à l'envers du rêve : Quelques cheveux blancs épars et en bataille, la tête dénudée comme le dos d'une guitare, le ventre rond ou gondolé nous offrent en projection le calendrier de leur parcours dans le temps. Un peu mal à l'aise dans ce bain de jouvence, ils ont perdu de leur superbe. Faut comprendre qu'à vingt ans le jeune homme se découvre et pavoise; après quarante ans il se recouvre, se voile et se dérobe.

Le menu du terroir était à l'honneur : Acra croustillant, lame véritable craquante, piskette, comparett, pain patate, poisson frit, griot, cassave…. Tous les parfums culinaires d'Haïti y prêtaient leur essence pour le plaisir des sens.


Gérard Phillipe (à droite) vient de nous quitter (Paix à son âme)
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Sous la houlette de l'animateur Georges Laforêt, les convives avaient retrouvé le style bon enfant des kermesses Jérémiennes. Des jeux de société y étaient admis, dominos, cartes…blagues, etc. Plusieurs rivalisaient d'adresse sous les yeux coquins des filles qui se déhanchaient autour de la piscine intérieure. Herve Gilbert de Haiti Connexion Network était de la partie pour croquer sur le vif cet épisode du printemps floridien très prometteur qui risque d'être réitéré l'année prochaine à la demande des convives. Les vidéos et les diapos sont disponibles en guise de souvenirs de ce moment de répit volé au flanc du temps.
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