Sunday, April 19, 2015

Libération de Sonson La familia ou le jugement de la honte ?

Woodly Ethéart, ak Sonson Lafamilia
à (G)  et Renel Nelfort à (D)      
Le tribunal criminel siégeant sans assistance de jury a libéré le vendredi 17 Avril 2015 Woodly Ethéart, alias Sonson La familia, et Renel Nelfort, les deux principaux chefs du gang Galil poursuivis pour enlèvement, séquestration contre rançon, trafic illicite de stupéfiants, blanchiment des avoirs, assassinat et association de malfaiteurs. Ce jugement a été dénoncé depuis jeudi par le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), en raison du caractère spécial des assises criminelles réalisées par le juge Lamarre Bélizaire, réputé proche de l’équipe au pouvoir.  Ces assises criminelles, qui devaient être organisées pour l’ensemble des 15 membres du gang Galil qui sont poursuivis pour les mêmes chefs d’accusation, ont été réalisées spécialement pour ces deux inculpés sous prétexte que tous les autres membres ont interjeté appel de l’ordonnance du juge d’instruction Sonel Jean-François. Dans les milieux proches du pouvoir, on prétend que l’arrestation et la détention, l’année dernière, de ces deux responsables du gang Galil avaient été très mal accueillies par l’équipe au pouvoir, compte tenu de leur lien avec les plus proches collaborateurs du président de la République.

Les informations communiquées par la police et les aveux de la plupart des complices de ces deux chefs de gang font croire que cette association de malfaiteurs a procédé en moins de deux ans à l’enlèvement suivi de séquestration contre rançon de 17 personnes. Dans son ordonnance de renvoi, le juge d’instruction Sonel Jean François a mentionné l’ensemble des indices trouvés dans le cadre de cette enquête. Fasciné par l’élégance du juge d’instruction dans la rédaction de l’ordonnance de renvoi, le commissaire du gouvernement, dans son réquisitoire définitif daté du 23 février 2015, déclare concordants et suffisants les indices et charges retenus contre ces 15 inculpés pour qu’ils répondent des faits qui leur sont reprochés. Du 23 février 2015 au 17 avril de la même année, soit un mois et 23 jours, ce même parquet, par l’entremise de son représentant, Me Jean Abner Emile, renonce à l’accusation portée contre ces deux chefs de gang et requiert le doyen du tribunal criminel, Me Lamarre Bélizaire, de déclarer les faits non constants et renvoyer les accusés hors des liens de l’accusation.

Juge Lamarre Bélizaire
Voilà de façon grossière comment le représentant du parquet, qui est censé être le représentant de la société, s’est comporté ce vendredi dans le cadre de ce dossier. Ce qui est écœurant, c’est que le juge Lamarre Bélizaire a accordé la parole à un témoin, qui est l’une des victimes de cette association de malfaiteurs. Romain Armand révèle avoir versé 180 000 dollars américains en échange de sa libération, après avoir été enlevé et séquestré par ce gang dirigé par ces deux hommes. Quel signal l’administration Martelly veut-elle donner à la société à travers ce jugement de la honte ?
Comment les hommes et les femmes qui ont été victimes d’actes de kidnapping orchestrés par ce gang vont-ils accueillir l’élargissement de ces deux hommes ?
L’enquête réalisée sur 144 pays sur l’indépendance de la justice, où Haïti est classée 134e, n’est-elle pas le reflet du fonctionnement de la justice sous la présidence de Michel Martelly ? 
Le juge Lamarre Bélizaire a ordonné vendredi, à l’issue d’un procès-éclair, la libération des nommés Woodly Ethéart (Sonson La Familia) et Renel Nelfort


Source : Le Nouvelliste 
Post a Comment